Château Ray-sur-Saône en Haute-Saône

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château de style Classique

Château Ray-sur-Saône

  • Rue du Château
  • 70130 Ray-sur-Saône
Château Ray-sur-Saône
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Crédit photo : Trainthh - Sous licence Creative Commons
Propriété du département

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1700
1800
1900
2000
Xe-XIe siècle
Origine médiévale
XIe siècle
Dépendance de l'abbaye
Fin du XIIe siècle
Mariage d'Othon
XIIIe siècle
Cession aux comtes
1636-1774
Propriété des Mérode
1725
Restauration de la tour
1734
Portail Louis XV
1774
Parc et cours
1805
Plan de Colombot
Années 1870
Parc à l'anglaise
Fin du XVIIIe siècle
Restauration de la Porterie
1932
Modification du parc
2015
Don au Département
2025
Acquisition de meubles
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

L'ensemble des bâtiments du château (logis, tours médiévales, porte et ferme) ainsi que le parc, en totalité (cad. B 310 à 318, 320 à 322, 451, 452, 493 à 495, 573 à 575) : classement par arrêté du 5 novembre 2009

Personnages clés

Othon de La Roche Baron de Ray par son mariage avec Isabelle de Ray, s’illustre lors de la quatrième croisade.
Rose de Ray Union avec Alexandre de Marmier conduit à l’entrée de la dynastie des Marmier dans la baronnie de Ray.
Alexandre de Marmier Époux de Rose de Ray, entre dans la dynastie des Marmier.
Claude-Antoine Colombot Architecte responsable des plans du pavillon central en 1805.
Jean-Marie Morel Paysagiste proposant une transformation en parc à l'anglaise.
Eugène Bühler Paysagiste ayant transformé le parc en parc à l'anglaise dans les années 1870.
Raynald de Marmier Duc ayant demandé la transformation du parc à Eugène Bühler.
Marguerite de Moustier Épouse de Raynald de Marmier, ayant demandé la transformation du parc à Eugène Bühler.
Hubert de Salverte Acquéreur du portail de style Louis XV en 1734.
Diane-Regina de Salverte Dernière propriétaire privée, donne le château au Département de la Haute-Saône en 2015.

Origine et histoire du Château Ray-sur-Saône 

Le château de Ray-sur-Saône, d’origine médiévale, a été remanié en style classique aux XVIIe‑XVIIIe siècles et se présente aujourd’hui en bon état de conservation ; son parc est ouvert gratuitement au public et l’ensemble est classé au titre des monuments historiques depuis novembre 2009. Perché sur un éperon rocheux dominant la Saône, le site remonte au Xe‑XIe siècle et a d’abord répondu à des fonctions défensives et de surveillance des voies de passage. Au fil des siècles, l’ancienne forteresse a subi destructions et reconstructions : très endommagée pendant la guerre de Dix Ans, elle a été rebâtie et transformée pour donner, pour l’essentiel, la physionomie du bâtiment actuel. Les fossés qui entouraient autrefois le château sont comblés et l’emplacement du pont‑levis reste perceptible.
Au XIe siècle, le village dépend de l’abbaye Saint‑Vincent de Chalon‑sur‑Saône et les sires de Ray assurent la seigneurie et sa défense ; à la fin du XIIe siècle, Othon de La Roche devient baron de Ray par son mariage avec Isabelle de Ray et s’illustre lors de la quatrième croisade, ce qui lui vaut le titre de duc d’Athènes. Au XIIIe siècle, l’abbaye cède le village aux comtes de Bourgogne, qui reconnaissent la propriété des sires de Ray vers 1270. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, l’union entre Rose de Ray et Alexandre de Marmier conduit à l’entrée de la dynastie des Marmier dans la baronnie de Ray ; la famille de Marmier possèdera la seigneurie plus d’un siècle et demi, jusqu’à la première moitié du XXe siècle.
Le château a ensuite été successivement la propriété de la famille de Mérode (1636‑1774), des ducs de Marmier‑Choiseul, puis de la famille de Salverte. Diane‑Regina de Salverte (1934‑2016) a donné le château au Département de la Haute‑Saône le 29 mai 2015 ; elle était, selon la mémoire familiale, la trente‑troisième génération à habiter le lieu. Le Département a poursuivi le remeublement du château et a préempté, lors d’une vente aux enchères en mai 2025, plusieurs meubles Salverte, dont un grand bureau à cylindre, une commode estampillée Lacroix et un bureau dit « Mazarin », provenant de la succession de la dernière propriétaire privée.
La forteresse médiévale était entourée d’une muraille et de fossés, avec une enceinte qui aurait compté jadis jusqu’à quatorze tours ; il n’en subsiste aujourd’hui qu’une partie, notamment deux tours semi‑circulaires dites tour Tranchée et tour du Guet, une poterne remaniée et une imposante tour héritée du château médiéval, restaurée et crénelée au XIXe siècle. La façade qui regarde la vallée conserve l’intégration de pans d’anciens murs et présente une succession d’ouvertures asymétriques ; une croix moderne installée par la famille de Salverte rappelle la mémoire d’Othon de La Roche. Sur la cour d’honneur, les trois corps de bâtiment forment un plan en U ; le pavillon central, relié aux ailes par des pans coupés, est souligné par un avant‑corps d’inspiration classique, réalisé d’après les plans de l’architecte Claude‑Antoine Colombot en 1805, et l’ensemble est couvert d’une toiture à la Mansart.
Les aménagements défensifs et domestiques ont été profondément modifiés : la porte de la Porterie et sa tour attenante constituent un des rares points d’accès conservés, tandis que des éléments comme la tour Patel, refaite en 1725 et rebaptisée tour Neuve, la tour d’Amour relevée au XVIe siècle et la Porterie restaurée à la fin du XVIIIe siècle témoignent des campagnes de reconstruction. Ravagé et partiellement rasé lors des conflits du XVIIe siècle, le château a été reconstruit sur ses fondations médiévales et adapté aux usages d’une demeure de plaisance, ponctuée de canonnières ostentatoires et d’aménagements destinés à la défense parfois convertis en structures d’apparat.
Le domaine a connu plusieurs états de jardin. La reconstruction au début du XVIIIe siècle s’accompagne d’un réseau de cours et d’aménagements végétaux : en 1774 le parc comprenait vignes, une vaste première cour, un parterre bordé de treillages, un jardin et une cour d’honneur. Au début du XIXe siècle, le paysagiste Jean‑Marie Morel propose une transformation en parc à l’anglaise, sur six hectares, mais le parc actuel résulte principalement d’un projet confié à Eugène Bühler dans les années 1870 à la demande du duc Raynald de Marmier et de son épouse Marguerite de Moustier. Le tracé a été modifié à partir de 1932 par le comte et la comtesse de Salverte.
L’entrée est marquée par un imposant portail de style Louis XV daté de 1734 et acquis par Hubert de Salverte ; il ouvre sur une allée rectiligne bordée de doubles rangées de tilleuls, de hêtres pourpres et d’ifs, d’où partent des allées rayonnantes qui structurent parterres et perspectives vers le château. Le parc, classé au titre des monuments historiques, contient une grande diversité d’arbres, cèdres — dont le plus remarquable, planté en 1830 par la duchesse de Marmier — tilleuls, sophoras, épicéas, pins, hêtres, sycomores, frênes, marronniers et séquoias ; une futaie aménagée vers 1880, composée d’essences rares et exotiques, dissimule le caveau des seigneurs de Ray et débouche sur l’avenue cavalière menant au bois des Dames. En contrebas, des terrasses aménagées le long des anciens remparts ouvrent sur la vallée de la Saône et sur la cité de Ray‑sur‑Saône.

Liens externes